La cure de sève de bouleau

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Appréciés pour leur écorce blanche, les bouleaux ont été plantés en masse durant les années ‘80 sur Overijse. Mais saviez-vous que leur bienfaisance ne s’arrête pas là ? Depuis 3000 ans, la sève de bouleau est utilisée pour ses vertus dépurative et revitalisante. Dans cet article, je vais tout vous expliquer sur cette cure, de sa réalisation à ses bienfaits en passant par les conséquences phytosanitaires pour votre arbre.

a. Les bienfaits de cette cure

Voici ce que Pierre-François Percy, le chirurgien militaire des armées de Napoléon, déclara :

« Dans tout le Nord de l’Europe, jusqu’aux confins de la Russie, l’eau de bouleau est l’espoir, le bonheur, et la panacée des habitants riches ou pauvres, grands et petits, seigneurs et serfs… Les maladies de la peau, boutons, dartres, Couperoses, etc. lui résistent rarement. C’est un remède précieux dans les affections rhumatismales, les reliquats de goutte, les embarras de la vessie et une foule de maladies chroniques »

Bien que non-exhaustive, voici une liste des bienfaits actuellement reconnus:

  • Elimine des déchets organiques tels que le cholestérol
  • Favorise l’amincissement (quand le corps en a besoin)
  • Stimule le système immunitaire
  • Action anti-inflammatoire et analgésique
  • Utilisation externe en cas de brulures et maladies de la peau

b. Quand réaliser cette cure ?

Au printemps avant l’apparition des feuilles! Cette saison marque la fin de la période de dormance végétative. L’arbre « débourre » en conséquence de l’augmentation de la durée des jours et des températures. La circulation de sève se remet en marche avec des pressions importantes. S’accaparer la sève de boulot est donc plus facile. De plus, la quantité de sève étant importante, une prédation est moins préjudiciable pour l’arbre.

c. Comment réaliser le prélèvement ?

Pensez d’abord au choix du bouleau. Celui-ci doit être en forme (pas de bois mort) et loin de facteurs de pollution (trafic routier, désherbant, etc…).

Actuellement, la sève est majoritairement prélevée via le tronc. Mais bien plus que la prédation de sève, de telles blessures sont dommageables à l’arbre. Il est donc conseillé de couper l’extrémité d’une branche basse sur un diamètre de +/- 1 centimètre et d’y suspendre une bouteille dont le goulot accueillerait le précieux liquide.

Après un petit temps, le bouleau crée un ‘voile’ qui limite l’apport de sève. Si vous souhaitez davantage de sève, il vous suffit de recouper un petit centimètre sur la même branche pour continuer l’écoulement de sève.

d. Comment utiliser la sève ?

La sève de bouleau n’apporterait rien à vos préparations. C’est un liquide fade juste un petit peu sucré (0,4 %). Elle peut subir divers traitements (principalement pour en faire du sirop de bouleau) mais elle est plus efficace telle quelle. Il est conseillé d’en boire 1 demi-verre pendant 3 semaines.

La durée de conservation de la sève n’excède pas 36 heures. Afin de la prolonger, il est nécessaire de stériliser le liquide, d’ajouter quelques clous de girofle et de la cannelle dans les bouteilles ou de la congeler ou encore d’y ajouter de l’alcool. On peut aussi rajouter de l’huile d’olive dans les bouteilles afin de protéger la sève de l’air.

e. Quelles conséquences pour l’arbre ?

Si le prélèvement est réalisé sur une branche, les méfaits pour l’arbre se limiteront à une perte minime du système foliaire (suite à la coupe), une dépense d’énergie limitée pour la compartimentation (surface de plaie dérisoire) et une prédation de maximum 2 % de la sève brute (le bouleau utilisant +/- 200 L de sève brute par jour durant la période de montée de sève). Ces inconvénients sont largement compensés par le potentiel de réappropriation des arbres par leur « propriétaires ».

f. En guise de conclusion

Foncez! Expliquez à vos enfants que des remèdes existent dans votre jardin et que la nature vous veut du bien.

Jérémy LEIDGENS

Arboriste Grimpeur

jeremy@tree-hugger.be

0472/29.54.13

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Les écorces

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Quand on parle d’arbres, l’accent est souvent mis sur le feuillage, les fleurs, les fruits, etc. En hiver, les arbres peuvent dès lors nous paraître tristes. Mais pourquoi ne pas profiter de l’opportunité qui nous est donnée d’observer les écorces ? Elles révèlent d’étonnantes couleurs et textures. Approchez vous et découvrez !

a. A quoi sert l’écorce ?

Elle agit comme une zone tampon aux changements de température. Elle diminue ainsi le risque de gélivures qui fendent les troncs et fragilisent l’arbre. Les gélivures surviennent souvent en fin d’hiver, alors que les fluctuations de températures sont importantes. Pendant le jour, les cellules végétales situées près de l’écorce se réchauffent et prennent de l’expansion. Si le réchauffement est suivi d’un refroidissement subit, le gel de ces cellules provoque un éclatement de l’écorce.

Elle agit aussi comme une cuirasse contre les animaux : piqûres et galeries d’insectes, frottis des chevreuils et autres cerfs, coups de becs des oiseaux, prédation du bétail, etc.

Enfin, l’écorce sert aussi de « poubelle » en permettant aux tissus vivants d’y stocker les sous-produits de la photosynthèse sous forme de tanins, de résines ou de cristaux d’oxalate de calcium.

b. Pourquoi autant de couleurs et textures différents ?

Comme nous venons de le voir, les rôles de l’écorce sont multiples. Durant leur évolution, les arbres ont mis en place différentes stratégies afin de combler ces rôles. La coloration et la texture de l’écorce des arbres sont donc dues à l’adaptation aux conditions environnementales, à commencer par la chaleur.

Illustrons ceci avec quatre exemples : le boulot, le chêne, le hêtre et l’acacia.

Le boulot a une écorce blanche. Il absorbe donc peu de chaleur et résiste bien aux gélivures.

Le chêne a une couleur plus foncée que le boulot. Sa stratégie face aux gélivures est différente. Son écorce étant plus épaisse, les variations de températures au niveau du bois sont amoindries. L’écorce du chêne liège protège même ce dernier des incendies, d’où son utilisation comme isolant.

Le hêtre a lui une écorce fine. Sa couleur grise pâle lui permet d’absorber peu de chaleur. Néanmoins, son écorce est très fine. Le hêtre est donc sensible aux problèmes de gélivures. Ceci explique qu’on ne le retrouve pas à de très hautes latitudes, où les risques de blessures causées par le gel sont importants. Mais le hêtre présent partout en Europe tire d’autres avantages de son écorce. Son écorce étant lisse, elle offre peu de point d’encrage au lierre et autres plantes s’accrochant aux troncs.

Certains acacia possèdent une écorce épineuse, décourageant la plupart des herbivores de venir les brouter.

c. En guise de conclusion

Plus on étudie la nature, plus on comprend l’influence des facteurs physiques (chaleur, lumière, gravité, salinité, humidité, etc.) sur la forme et l’apparence des organismes vivants. Et ce sont les différentes stratégies mises en place qui nous offrent autant de diversité.

Pour ceux qui souhaitent contempler de superbes photos d’écorces, je leur conseil le livre de Cédric Pollet qui présente des photos d’écorces plus colorées les unes que les autres.

Jérémy LEIDGENS

Arboriste Grimpeur

jeremy@tree-hugger.be

0472/29.54.13

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