La chalarose du Frêne

La chalarose du Frêne (Chalara fraxinea) ou «maladie du flétrissement du frêne» est une maladie fongique qui va probablement éradiquer 95 % des frênes d’Europe. Tous les paysages sont concernés : forêts, bords de routes, arbres isolés, parcs, jardins, pépinières… Tous les âges sont touchés. On observe de plus en plus de mortalité parmi les pousses et les fines branches des arbres adultes, qui s’affaiblissent progressivement pour entrer dans un processus de dépérissement ne pouvant être enraillé et se concluant par la mort de l’arbre.

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Stade avancé de chalarose sur Fraxinus excelsior

1. Origine et propagation

Cette maladie émergente apparue en Pologne au début des années 1990 s’étend maintenant à toute l’Europe. Le caractère exotique et invasif de l’agent pathogène a été démontré et l’origine est probablement asiatique car il y a été détecté sur des frênes indigènes, F. mandshurica, au Japon. En Belgique, il fait l’objet d’un suivi sanitaire par la Région wallonne depuis 2009. Cette année-là, il n’a pas été détecté, mais en 2010, de premiers sites infectés ont été repérés. Des mesures d’éradication ont cherché, sans succès, à stopper la propagation de la maladie.

Les champignons se développent entre juillet et septembre sur les pétioles et feuilles tombées au sol l’année précédente et libèrent des spores qui sont dispersées par le vent. Un pic de dispersion pourrait exister tôt le matin, suggérant que la maturation des spores a lieu principalement durant la nuit, quand le taux d’humidité de l’air est élevé. Ce mode de dispersion pourrait expliquer l’apparition soudaine de la maladie sur des sites assez éloignés les uns des autres. Les arbres les moins vigoureux seraient plus sensibles mais à terme, seuls certains frênes présentant des résistantes biologiques survivront en évitant la contamination. En milieu urbain ou en pépinière, enlever les feuilles mortes pourrait peut-être permettre de diminuer la progression de la maladie en réduisant la production de spores.

Outre la propagation naturelle par le vent, il semble que les pépinières ont accéléré la propagation. En Norvège, après la découverte d’un cas de chalarose dans une pépinière, des inspections conduites dans les autres pépinières de la région ont révélé qu’elles étaient toutes contaminées. Il est dès lors probable que le commerce des plants a accéléré la propagation. La découverte de chalarose dans une pépinière du Sud de l’Angleterre dans un lot de 600 frênes importé des Pays-Bas valide ce mode de dissémination à longue distance, qui concerne non seulement les pépinières forestières mais aussi les entreprises du paysage et des parcs et jardins, utilisatrices de grands plants souvent importés.

2.Identification

  • Flétrissement de rameaux.J18201~
  • Dessèchement de l’écorce qui devient localement orangée.
  • Mort des pousses.
  • Descente de cime avec en réaction apparition de nombreux gourmands.

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  • Fréquentes nécroses corticales à la base des rameaux
J18201~

Nécroses

Un arbre atteint par la chalarose ne présentera pas forcément chacun de ces symptômes. Des lésions au collet sont aussi fréquemment mentionnées en Europe mais elles ne sont pas visibles au premier stade.

L’identification est souvent rendue plus compliquée à cause du développement d’autres pathogènes. Les arbres étant affaiblis, d’autres champignons risquent en effet de venir s’y développer. Par exemple l’armillaire est un agent pathogène ne pouvant attaquer que les frênes affaiblis pré-infectés.

3. Solution

En Wallonie, lorsque les premiers symptômes ont été découverts en 2010, des mesures d’éradication ont été prises mais sans succès. Une surveillance a été mise en place sur le modèle de la surveillance française pour estimer la progression de la maladie sur le territoire et pour suivre l’évolution de la maladie en zone contaminée. Actuellement, les dommages sont importants sur semis et plantations et les dépérissements commencent à être visibles sur arbres adultes.

Actuellement, les mesures entreprises dans les différents pays européens sont assez similaires. La rapidité de progression de la maladie et son mode de dispersion par le vent ne permettent pas d’envisager des mesures d’éradication. On peut néanmoins diminuer la rapidité de contamination naturelle en évitant de faire circuler des bois issus d’arbres malades et en arrêtant de se procurer des plants de Frênes potentiellement contaminés dans des pépinières.

Il a été démontré que les variétés de frênes réagissent différemment à cette maladie. Fraxinus Nigra et Fraxinus Excelsior semblent les plus sensibles. Fraxinus pennsylvanica  semble davantage résistant. Tandis que Fraxinus americana et Fraxinus mandschurica et Fraxinus ornus sont rarement touchés. Dès lors, bien qu’un effondrement des populations de Frêne en Europe semble inéluctable, la sauvegarde des arbres sains et potentiellement résistants s’avère essentielle pour établir la base d’une future population tolérante. Ce sont ces arbres qui représentent le réel espoir.

Jérémy LEIDGENS

Arboriste Grimpeur

0472/29.54.13

soinsauxarbres@gmail.com

www.tree-hugger.be

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